La vision néo-colonialiste de Macron sur la Syrie va faire couler encore beaucoup de sang....pour rien

Origine Fawkes News mercredi 25 avril 2018

Au début de sa visite à Washington, Macron promet une guerre sans fin en Syrie



Avant que le Président français Emmanuel Macron arrive à Washington DC pour une visite d’État de trois jours hier soir, il a accordé un entretien approfondi à Fox News appelant à une guerre à long terme de l’OTAN en Syrie. Alors que les tensions entre l’Europe et l’Amérique continuent à monter sur les menaces de guerre commerciale de Trump et d’assaut contre l’Iran, les principales puissances impérialistes tentent de résoudre leurs différends sur la base d’un programme militariste agressif.

Ces propositions sont un avertissement que les appels de Macron pour un retour à la conscription en France, et des appels similaires en Suède et à travers l’Europe sont directement liés à des plans pour l’escalade de la guerre. Après sept ans de la guerre en Syrie, et face à l’effondrement de la position militaire de leurs forces mandataires, les principales puissances de l’OTAN préparent une escalade agressive au Moyen-Orient qui exigera des forces beaucoup plus grandes et donc le recrutement de ces forces parmi les jeunes.
Le journaliste de Fox News, Chris Wallace, a débuté par une question qui renvoyait obliquement à la crise interne grandissante aux États-Unis. Wallace a demandé si la nomination d’un avocat spécial enquêtant sur Trump affectait la crédibilité internationale de la présidence américaine, et si Macron pensait que Trump allait remplir son mandat.
Macron, qui est entré en fonction l’année dernière en France où l’état d’urgence en vigueur avait suspendu les droits démocratiques fondamentaux. Macron a copié beaucoup des dispositions de l’État d’urgence dans une nouvelle loi antiterroriste les rendant permanents. Il a maladroitement essayé de minimiser l’importance de la guerre entre fractions sans précédent à Washington : « Vous avez votre système. Vous êtes un pays libre avec un État de droit, ce qui est – je veux dire, très bon, j’ai la même chose dans mon pays ».
En dépit de la montée des spéculations et des craintes des élites dirigeantes sur le plan international à propos de la crise à Washington et de la menace à la survie politique du président américain, Macron prétendait que cela ne le concernait pas : « Je ne m’interroge jamais. Je travaille avec lui (Trump) parce que nous sommes tous les deux au service de notre pays. »
Interrogé sur la guerre par procuration de l’OTAN en Syrie, Macron a insisté sur le fait qu’il estimait que c’était vital pour les intérêts français que les États-Unis – et, implicitement, ses alliés européens – exercent un contrôle sur l’ancienne colonie française. « Nous devrons construire la nouvelle Syrie par la suite, et c’est pourquoi je pense que l’emprise américaine est très importante », a-t-il déclaré.
Macron a poursuivi : « Je serai très direct. Le jour où nous finirons cette guerre contre l’État islamique, si nous partons, définitivement et totalement, même d’un point de vue politique, nous laisserons la parole au régime iranien, Bachar al-Assad et ses hommes, et ils prépareront la nouvelle guerre. Ils alimenteront les nouveaux terroristes. Donc, mon point de vue est de dire, même après la fin de la guerre contre l’État islamique, les États-Unis, la France, nos alliés, tous les pays de la région, même la Russie et la Turquie, auront un rôle très important à jouer pour créer cette nouvelle Syrie et assurer que le peuple syrien décide de l’avenir. »
La justification de Macron pour la guerre contre la Syrie était, comme d’habitude, un tissu de mensonges. Ce n’est pas le régime syrien et ses alliés iraniens, mais les milices islamistes « rebelles » et leurs alliés saoudiens et de l’OTAN qui ont mené des attaques terroristes en Syrie et dans toute l’Europe. La prétention qu’une guerre interminable en Syrie servirait à combattre le terrorisme est une fraude politique, soulignée par le fait que déjà en 2012, les responsables américains ont admis qu’ils combattaient en Syrie dans une alliance avec des groupes liés à Al-Qaïda.
La « guerre contre la terreur » est simplement un prétexte commode pour que les grandes puissances impérialistes affirment leurs intérêts financiers et stratégiques dans le cœur de la masse continentale eurasienne riche en pétrole, et pour intensifier les attaques contre les droits démocratiques dans leur pays. En même temps, il permet aux grandes puissances de l’OTAN de se présenter comme unies, malgré les rivalités explosives et croissantes à la fois commerciales et militaires entre elles, qui deux fois au 20ᵉ siècle ont explosé en une guerre mondiale.
Wallace a interrogé Macron sur deux différends importants entre Washington et l’Union européenne (UE), sur les menaces américaines de suspendre le traité nucléaire iranien et d’imposer des tarifs commerciaux sur les exportations de l’UE vers les États-Unis. Les réponses du président français suggéraient une confusion et une panique grandissantes dans les cercles dirigeants à Paris, faisant face à la menace croissante que les politiques américaines provoqueraient un effondrement des relations commerciales et des guerres à grande échelle avec des ennemis nucléaires.
Sur les menaces américaines de guerre commerciale contre l’Europe, Macron prédit calmement que Trump « ne mettra pas en œuvre ces nouveaux tarifs et il décidera d’une exemption pour l’Union européenne. Vous ne faites pas de guerre commerciale avec votre allié […] C’est trop compliqué de faire la guerre contre tout le monde. Vous faites la guerre commerciale contre la Chine, la guerre commerciale contre l’Europe, la guerre en Syrie, allez, cela ne marche pas. Vous avez besoin d’alliés. Nous sommes l’allié. »
Macron a réaffirmé la position des grandes puissances européennes, qui sont toutes hostiles aux menaces de Trump de mettre fin au traité nucléaire iranien de 2015. Il a qualifié ce traité de « une chose parfaite pour notre relation avec l’Iran, non. Mais pour le nucléaire, qu’avez-vous comme une meilleure option ? Je ne le vois pas. Quel est le scénario de simulation, ou votre plan B ? Je n’ai aucun plan B… »
Macron a exprimé des doutes quant à la capacité de la Corée du Nord à négocier avec Washington sur son arsenal nucléaire, et a insisté sur le fait qu’il voulait « travailler avec » le président russe Vladimir Poutine, tout en accusant Moscou de « fausses nouvelles ».
Les remarques de Macron sont un avertissement que le système capitaliste mondial traverse une crise mortelle. Malgré les tensions profondes et croissantes entre l’impérialisme américain et ses homologues européens, tous sont engagés dans une guerre qui s’intensifie. Après un quart de siècle de guerre impérialiste à travers le Moyen-Orient et l’Afrique depuis la première guerre du Golfe contre l’Irak et la dissolution de l’Union soviétique en 1991, Paris comme Washington se préparent à rediviser le monde sur la base de néocolonialisme.
Macron a participé aux frappes de missiles menées par les États-Unis contre la Syrie le 14 avril, risquant de provoquer un affrontement militaire direct avec les forces russes stationnées en Syrie et montrant que le monde est au bord d’un conflit entre les principales puissances nucléaires.
La visite de Macron elle-même indique des conflits croissants entre les puissances de l’OTAN elle-même provoquées par leurs tentatives de rediviser le monde parmi eux. L’invitation de Trump à Macron pour une visite de trois jours, y compris une conférence de presse conjointe aujourd’hui et un discours aux deux chambres du Congrès américain demain, contraste très fortement avec le traitement de la chancelière allemande Angela Merkel. Son invitation pour une visite de travail d’une journée vendredi, après la visite d’État de trois jours accordée à Macron, équivaut à une décision délibérée des États-Unis de snober Berlin.
Peu de temps après que Berlin et Paris aient annoncé leur intention de diriger l’UE dans la formation d’une armée européenne, ce qui a provoqué l’inquiétude des États-Unis et leur exigence pour des assurances que ces plans seraient compatibles avec l’alliance de l’OTAN. En réalité cela représente une tentative des États-Unis de mettre en échec l’axe de Paris-Berlin au même moment où Berlin a manifesté son opposition aux appels de Macron pour une réforme des institutions financières de l’UE. L’enjeu des manœuvres croissantes entre les puissances européennes sur quel puissance de l’UE peut développer les relations les plus étroites avec Washington après le départ du Royaume-Uni de l’UE est la bataille pour prendre l’ascendant au sein de l’UE elle-même.
Malgré leurs différences amères, les élites dirigeantes s’unissent cependant pour insister sur le fait que la classe ouvrière doit payer pour l’édification militaire et les plans de guerre, malgré l’opposition croissante et les luttes de grève dans la classe ouvrière.
Interrogé par Wallace pour savoir s’il pouvait défendre sa politique d’augmentation des impôts sur les retraités afin de financer une réduction d’impôt de plusieurs milliards d’euros pour les riches, Macron la défendit effrontément comme une mesure nécessaire pour empêcher les entreprises de quitter la France. Il a répondu qu’il pensait que la mesure était « juste », ajoutant : « Parce que quand les gens réussissaient avec une entreprise et ainsi de suite, surtout les entrepreneurs, ils devaient quitter le pays s’ils voulaient s’échapper. Donc, nous avons perdu beaucoup d’occasions. »
Interrogé sur les grèves dans l’industrie ferroviaire contre les projets de privatisation des chemins de fer nationaux et de réduction des salaires et des droits sociaux, Macron a déclaré : « Je connais la situation, je sais ce qui est juste et injuste ; et ce qui peut être obtenu et ce qui ne peut pas être obtenu. »
(Article paru d’abord en anglais le 24 avril 2018)

Source: wsws

NDR ....et une info de plus sur notre engagement auprès des djihadistes "modérés" : 

https://breizatao.com/2018/04/25/syrie-les-djihadistes-rendent-le-materiel-de-communication-satellitaire-que-leur-avait-livre-le-gouvernement/

Pauvre Petit Président Macron, à la pensée si futile

Laissez tomber la Syrie, M. Macron, vous êtes “out”

Excellente analyse d'un journaliste de Basse-Terre

Tout va très bien Madame IRMA... Le capitalisme, Jupiter et la propagande feront le reste !

" Quelle sorte de vie publique est celle où la communication c’est-à-dire la manipulation ou la propagande remplace la controverse ? " Philippe MEYER
Nous aurons peine à les entendre jubiler en secret de l’arrivée de l’ouragan IRMA sur Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Pilepoil pour faire oublier la grogne sociale qui monte contre l’arrogance et les prétentions de la classe possédante via des élus soumis. La plus grande victoire idéologique du néolibéralisme, jusqu’à nouvel ordre social, est d’avoir réussi à "déprogrammer" les expériences humaines pour les remplacer par le bourrage de crane permanent qu’est la propagande.
Mais d’abord et avant d’aller plus loin posons nous la question : A qui veut-on faire croire que les populations des Caraïbes ne connaissent pas ce qu’est un ouragan ? Il fût une époque où, tout comme les populations de l’hémisphère nord avant l’hiver, celles des Caraïbes savaient se préparer dès le mois de juin à ce que nous appelons l’hivernage - la saison des pluies qui est aussi celle des cyclones devenus ouragans depuis peu.
Le terme Ouragan est plus "globish" que cyclone puisqu’il dérive de l’anglais "Hurricane" qui lui même est un emprunt à la langue des Calinago, ces anciens habitants éliminés par la "découverte" des Amériques, "Ou Ri Can" qui était une divinité sensée nettoyer la terre de ses impuretés... Drôle de coïncidence dirait l’observateur.
A l’époque des cyclones, il y a encore trois décennies, il y avait une échelle chiffrée d’alertes nous préparant à l’arrivée certaine du phénomène. Mais les familles étaient déjà prêtes en ayant déjà un stock d’aliments et nettoyer les alentours immédiats des maisons. Il faut dire que ces maisons étaient petites mais bien faites car construites sur l’expérience et l’observation des ainés, elles étaient bousculés mais résistaient car les clefs de charpentes, en acacia pays, en étaient pour quelque chose en leur donnant souplesse et endurance sans compter les fameux quatre pans du toit qui cassait la prise du vent. Les petits secrets de construction résultaient, singulièrement, de l’expérience du cyclone le plus dévastateur qu’est connu la Caraïbe en 1928 : 1270 victimes rien que pour la Guadeloupe.
La question "économique" ne se posait pas car d’abord les Hommes devaient être sauvés. Après le cyclone, la solidarité et le partage étaient les maitre-mots et nul ne s’inquiétait du lendemain. C’est seulement après s’être assuré que la famille et le quartier étaient en sécurité, physique et alimentaire, que les travailleurs rejoignaient leur lieu de travail pour en faire de même... Et le patron ne perdait pourtant pas en journées de travail, cette invention néolibérale pour culpabiliser les travailleurs.
Ce temps est révolu, puisque le néolibéralisme a tout modifier, de la sémantique aux postures en passant par les constructions. Tout comme cette idéologie mondialiste, tout doit désormais venir des Etats-Unis pour être certifié de qualité et sûr. Et, parallèlement, il faut s’assurer de la création ou du renouvellement de marchés (de préférence juteux) et pour ce faire il faut imposer des normes prétendument anticyclonique et parasismique, histoire de faire vivre seules les entreprises agrées par les assurances, tout en pratiquant l’obsolescence programmée, histoire de pérenniser ces entreprises.
L’expérience locale et la méthodologie de l’époque gênaient, tout comme bon nombre d’autres choses singulièrement d’émanation sociale, il fallait déconstruire pour reconstruire. Les charpentes sont désormais sur le modèle "fermette américaine", même les hôpitaux publiques l’ont adopté, et la consommation a remplacer les préparatifs du mois de juin. Ainsi, à quoi bon stocker quand on a tout à portée de main et à tout moment ? A quoi bon construire solide quand çà coute cher et qu’il faille attendre alors que la fermette est réalisée en moins de deux à bon prix ? Et c’est bien là, deux exemples de la responsabilité systémique du néolibéralisme dans les conséquences (en aval) d’IRMA, mais il y a aussi et bien-sûr sa responsabilité dans le désordre climatique (en amont).
Déconstruire pour reconstruire, changer de paradigme en martelant que l’individualisme est l’expérience ultime face à toutes autres expériences sociales. En consommant au jour le jour, on se libère de la contrainte de "dépendre" de l’autre voire de partager avec lui. Les pillages qui ont suivi ne sont que l’expression de ce paradigme. Il est frustrant de perdre la capacité d’avoir alors même qu’il est possible d’avoir sans payer. Il y a trente ans et plus, ce n’était pas un comportement premier après une catastrophe. Et ce n’est pas justifier ces actes mais en dénoncer les véritables causes : l’individualisme et le consommationisme glorifiés par ce système. A propos de consommation, que faire des immondices qui se chiffrent en tonne ?
Mais toute la force de cette idéologie est dans son culot. Non seulement, de par les normes qu’elle impose, elle génère les conditions des catastrophes mais elle est en capacité d’user du drame qui suit pour se remettre en selle. C’est toujours de la faute des individus inconscients et/ou indisciplinés ou mieux, on n’as jamais vu çà - on ne pouvait le prévoir. La responsabilité systémique est balayée au profit des responsabilités individuelle ou collective voire de la fatalité. N’oublions pas que des exercices de sécurité sont faites, sans la population, mais de manière très médiatisée et pourtant... Le résultat n’est pas réjouissant même si certains y verraient de la polémique dans ces propos (nécessaire ?).
Mais comment se fait-il que Cuba, avec moins de moyens parce qu’étranglée par le blocus capitaliste, puisse avoir une gestion aussi humaine et complète de ce genre de phénomène quelque soit sa puissance ? Non seulement c’est un pays où le collectif prime sur l’individuel mais de surcroit elle a fait de son malheur une force. L’écologie stricto sensu y est développé et la connaissance scientifique est mise à la disposition de tous. Ainsi, l’éducation - la connaissance et la prévention pour tous fait de Cuba un pays exemplaire en terme de catastrophe cyclonique. Mais cela reste invisible car cela gène.
Il fallait entendre les inepties médiatiques sur la pauvreté des pays de la Caraibe et la "maitrise" des américains quant à la gestion de ce genre de catastrophe. Si Catherina et Harvey n’étaient pas passé par là pour infirmer ces inepties, les simples d’esprits que nous sommes s’y laisseraient prendre. En vérité, les Etats-Unis, tout comme la France, ont fanfaronné pour cacher leur impuissance n’ayant plus aucune ressource empirique sur le sujet, néolibéralisme oblige. Alors que Cuba et tous les autres Etats de la Caraïbe avaient déjà circonscrit les événements (en amont) et porté les réponses adéquats (en aval), avec les moyens du bord, les pays "riches" étaient encore dans l’incantation du catastrophisme (en amont) et la communication (en aval).
Il faut se rappeler du cyclone Hugo, en Guadeloupe en 1989, où pendant plus de dix jours seules les îles voisines ont été en mesure de venir en aide à l’ile. Les collectivités locales ont rapidement pris l’affaire en main et le gouvernement Français n’est apparu qu’après coup. Cela signifie bien que nous avions la culture de ce risque et savions quoi faire avant et après. Trente ans plus-tard c’est l’oubli organisé qui fait paniquer le citoyen dès qu’il entends parler d’un cyclone. Plus proche encore, Chavez et Castro avait mobilisé pétrole et moyens sanitaires pour les victimes de Catherina, Maduro en a fait de même pour Harvey et vient de mobiliser son armée et ses moyens pour l’ile de Barbuda qui a autant souffert que Saint-Martin. Tout cela reste sous silence car le Venezuela est une "Dictature".
De même, l’ile de Saint-Barthélémy a été aussi détruite que celle de Saint-Martin mais toutes les problématiques post catastrophes sont répertoriées seulement sur la dernière. Cela mérite une petite explication de texte quant on sait que la première est le fleuron de la défiscalisation et de la présence milliardaire. Un Saint-bath de naissance n’a presque plus la possibilité de jouir de son île et les travailleurs sont dans une précarité telle qu’ils ne peuvent se loger convenablement. Même les fonctionnaires ont du mal à trouvé un logement correct au vu du prix des loyers. Il est plus rentable pour certains Saint-barths de mettre en location leur maison et d’aller louer une chambrée. Cette catastrophe met à nue l’échec de cette dépendance aux milliardaires mais pas question d’en parler.
Quant à Saint-Martin, son indécence est peut-être dans son choix d’un système un peu plus social (mais encore loin de l’être vraiment) avec un service publique s’occupant des personnes âgées et des personnes handicapées. A Saint-Barthélemy, ce sont souvent les milliardaires qui financent à leur bon cœur des infrastructures sanitaires. Les mauvaises langues disent même que Saint-Barthélemy se "débarrasserai" des individus douteux socialement en les déposant discrètement sur les plages de Saint-Martin.
Cette façon de traiter l’information au regard des intérêts idéologiques à défendre est incongrue quant on sait, à quel point, les mêmes qui la font peuvent s’ériger en donneur de leçon d’objectivité journalistique lorsque d’autres se font franchement partisan de ce qu’ils détestent. Et ce qu’ils détestent le plus c’est qu’on leur fasse la démonstration qu’ils ont tort. Mais IRMA a fait la démonstration de l’impréparation systémique, pour des raisons financières et idéologiques, et de la duperie des tenants du système.
Cette catastrophe est déjà et sera encore une bonne occasion pour plus d’un de parader sur le malheur d’autrui, de faire des promesses qui ne seront jamais tenues, de faire croire que la responsabilité incombe à l’incivisme mais surtout de tenter de renaître. Les visites politiciennes qui viennent seront là pour la "com" et non pour engager une véritable et nouvelle politique tenant compte de cette expérience. Les mises à l’écart de la presse locale en disent long. La presse locale a eu un mal fou pour avoir des informations de la préfecture de Guadeloupe, malgré la présence de la ministre de l’outre-mer, alors que les presses nationales et internationales en savaient déjà long. Il est vrai que la presse nationale peut permettre à Jupiter de redorer son blason puisqu’il doit être en Guadeloupe ce mardi 12, jour de grève générale contre sa politique antisociale. Il a prévenu qu’il ne cédera ni aux fainéants - ni aux extrêmes, alors ce sera silence radio sur les grandes chaines nationales, ou plutôt un seul et unique sujet du jour : "Jupiter aux Antilles" pour sauver ces français du bout du monde.
Jupiter ne vient pas sauver les mortels qui souffrent le martyre mais, en faisant d’une pierre deux coups, se refaire une santé médiatique et sauver le capitalisme. Ce sont les entreprises de construction qui se frottent déjà les mains, des réunions se tiennent quotidiennement en Guadeloupe, et le service de communication de Jupiter qui voit là l’occasion ultime de présenter au peuple un Dieu à visage humain alors que les fainéants, les cyniques et les extrêmes manifestent pour des "privilèges". Le gouvernement Français a géré cette affaire avec une légèreté, quoiqu’en dise la ministre de l’Outre-mer, il a agit avec ce complexe de supériorité qui sied bien à l’impérialisme, stade suprême du capitalisme.
Pour leur part, des organisations progressistes et syndicales de Guadeloupe se réunissent ce lundi pour convenir des actions à mener en solidarité avec les travailleurs et les populations touchés sans oublier l’action à mener contre les ordonnances Jupitériennes dès le lendemain.
BELAIR Philippe Basse-Terre, le 10 Septembre 2017